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Heureusement, cela se passe à l’étranger

Un nouveau rapport publié par la Global Warming Policy Foundation lance un appel à Michael Gove, le secrétaire d' Etat britannique à l'éducation, pour diligenter une enquête officielle sur la façon dont l'écologie et en particulier le changement climatique sont enseignés dans les écoles.

Dans le rapport, les auteurs Andrew Montford et John Shade décrivent comment l'écologie en est venue à imprégner les programmes scolaires à travers le Royaume-Uni, dans une étonnante variété de matières, de la géographie à l'éducation religieuse et les langues modernes (1). Passer des examens désormais implique généralement la capacité de réciter des mantras verts plutôt que de comprendre les questions subtiles de science et d'économie concernées.

Les auteurs examinent en détail le matériel pédagogique sur le changement climatique actuellement utilisés dans les écoles britanniques, avec des résultats inquiétants. Il existe de nombreuses preuves de déclarations non scientifiques, graphiques manipulés, et des matériaux de militants utilisés en classe et même dans les manuels.

Le rapport décrit également comment les enseignants militants tentent de faire des enfants des petits soldats du mouvement vert, en les encourageant à harceler leurs camarades de classe et leurs parents pour provoquer un «changement de comportement».

L' utilisation de la peur du changement climatique pour modifier le comportement des enfants est également mis en évidence. Ceci a sans aucun doute des conséquences néfastes sur le développement des enfants et des sondages indiquent que la peur de l'avenir est très répandue. Le rapport cite un enfant en disant :

"Je m'inquiète du réchauffement climatique, parce-que je ne veux pas mourir."

Pour l'auteur Andrew Montford : "Le lavage de cerveau de nos enfants à des fins politiques est honteux. Les responsables de l'éducation au Royaume-Uni doivent prendre des mesures et rapidement".

Source.

Le rapport (eng) est téléchargeable ici.

1 Montford cite ailleurs comme exemple les cours de Français…

Catégorie:  Environnement, Changement climatique
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AR5, publication du rapport du groupe 2

Le rapport s'intitule cette fois "Changement climatique 2014 : Impacts, adaptation et vulnérabilité" et est disponible à l'adresse www.ipcc-wg2.gov/AR5/. Il y a deux tomes, donc il faut plusieurs petites pièces et clous.

Le passage clef pour comprendre le rapport et qu'il faut avoir à l'esprit lorsque vous lirez les articles incriminant le changement climatique (CC) est le suivant :

Background Box SPM.2. Terms Central for Understanding the Summary5 climate change: Climate change refers to a change in the state of the climate that can be identified (e.g., by using statistical tests) by changes in the mean and/or the variability of its properties, and that persists for an extended period, typically decades or longer. Climate change may be due to natural internal processes or external forcings such as modulations of the solar cycles, volcanic eruptions, and persistent anthropogenic changes in the composition of the atmosphere or in land use. Note that the Framework Convention on Climate Change (UNFCCC), in its Article 1, defines climate change as: ‘a change of climate which is attributed directly or indirectly to human activity that alters the composition of the global atmosphere and which is in addition to natural climate variability observed over comparable time periods.’ The UNFCCC thus makes a distinction between climate change attributable to human activities altering the atmospheric composition, and climate variability attributable to natural causes.

En attendant la version française, je traduis les phrases importantes :

Le changement climatique peut être causé par des processus internes naturels ou des forçages humains, solaires ou volcaniques. […] Notez que la convention sur le changement climatique, dans son article 1, définit le changement climatique comme : "un changement de climat qui est attribué directement ou indirectement à l'activité humaine."

La définition du CC par le groupe 2 est pour le moins très large et n'est pas la même que celle du groupe 1, ni celle qui est généralement comprise par le grand public. Il y a certainement une part de pragmatisme de la part du groupe 2 : quoi que puisse en penser le groupe 1, on ne sait pas rendre au CO2 ou au soleil la part qui leur revient. Le GIEC va probablement entamer une vigoureuse campagne d'information, d'abord auprès des journalistes, puis du grand public pour préciser les choses.

En attendant, il est à craindre que la plus grande confusion règne dans les esprits. Comment faire la distinction entre ce qui est causé par les émissions de CO2 par l'homme ou le changement d'utilisation des sols ? Comment distinguer ce qui est dû au soleil ou à l'homme ? Le GIEC pour le moment n'en dit rien et s'il montre par exemple cette carte :

…le quidam se dira : l'homme est coupable.

PS : Le rapport du groupe 1 a été mis au propre dans sa version définitive et lisible.

Catégorie:  Changement climatique
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Climat, science, expertise et décision

L'AFIS s'est décidée a prendre position sur le RCA et a publié un communiqué que je soumets à votre critique :

Ce texte a été adopté par le Conseil d’Administration de l’AFIS (décembre 2013). Nous reviendrons sur ce sujet dans nos prochains numéros. Et, bien entendu, les contributions de nos lecteurs sont les bienvenues.

La science s’intéresse à la vérité. Les théories scientifiques sont sommées de fournir la preuve de leur conformité avec le réel. Ce ne sont donc ni la démocratie, ni la majorité, qui permettent de trancher définitivement, mais bien la méthode scientifique fondée notamment sur la reproduction d’expériences et l’observation a posteriori de faits prédits – ou non – par la théorie.

Cependant, de nos jours, la résolution de nombreuses questions à l’interface science-techniques-société et la prise de décisions sur des sujets très variés incluent, de façon fondamentale, des considérations techniques ou scientifiques pour lesquelles il est impensable d’attendre que la connaissance soit définitivement établie. Le temps de la science, qui peut être long, n’est pas celui de la décision.

Le changement climatique est, à l’évidence, l’une d’entre elles. Plus généralement, toutes les décisions relatives à notre environnement et à notre santé doivent s’appuyer sur un certain état de la connaissance, souvent imparfait, sans qu’il soit toujours possible d’attendre de disposer d’une certitude raisonnable.

Le rôle de l’expertise

Et là réside précisément le rôle de l’expertise scientifique. Pour être pertinente, celle-ci doit être exercée par des experts compétents. Elle doit relever d’un service public qui lui assure la meilleure indépendance idéologique et la plus grande transparence en termes de conflits d’intérêts. Et elle doit être clairement séparée de la prise de décision, laissant ainsi à cette dernière tout son rôle. En effet, la conduite des affaires publiques relève du champ politique et doit prendre en compte de nombreuses autres dimensions : économiques, sociales, politiques, etc. Contrairement à la science et à l’expertise scientifique, la politique est affaire de choix, de valeurs, et d’intérêts. Il est évidemment souhaitable, de notre point de vue, que la décision politique repose sur la science et l’expertise, plutôt que de les contredire ou les ignorer, mais elle ne saurait se confondre avec elles.

L’expertise scientifique ne dit pas ce qu’il faut faire, elle indique simplement ce qui est, ce qui n’est pas, ce qui pourrait être dans le futur, et tout cela avec les incertitudes propres à l’état de sa connaissance au moment où elle s’exerce. C’est justement le rôle des agences sanitaires ou environnementales que de dire l’état du consensus à un instant donné, pour éclairer les choix politiques à effectuer.

Dès lors, à la différence du processus de validation des théories scientifiques proprement dites, l’expertise scientifique mobilise les notions de consensus, de majorité, de connaissances généralement acceptées par la communauté. Comment pourrait-il en être autrement ?

Ce consensus, cet état de la connaissance, n’empêche pas que la science progresse, s’affine, remette parfois partiellement en cause ce qui semblait acquis. Mais ce processus se mène par la communauté scientifique avec la méthode qui est la sienne : publications scientifiques, reproductions des expériences, confirmations, réfutations, analyses des données, validations par les pairs… C’est la méthode qui s’avère la plus fiable, malgré tous les biais que l’on peut constater quant à la manière dont elle est mise en œuvre dans des sociétés humaines – qui ne sont pas faites que de raison, mais aussi d’imaginaires, de passions et d’intérêts.

La décision politique

La décision politique se doit de relever de la démocratie.

L’état de la connaissance éclaire le sujet, mais n’indique pas ce qu’il convient de faire. Mélanger les ordres, soit en suggérant que le choix d’une décision particulière parmi les choix possibles découle d’un impératif scientifique, soit, à l’inverse, en insérant des considérations politiques, économiques ou sociales dans l’élaboration d’une expertise scientifique, ne peut conduire qu’à un discrédit général. Discrédit de l’expertise scientifique qui se trouve instrumentalisée, et discrédit de la représentation politique qui refuse d’assumer ses responsabilités.

Et le climat dans tout ça ?

L’état de la connaissance

La question du changement climatique illustre parfaitement la nécessité de l’approche préconisée plus haut, mais aussi, les dangers à ne pas la suivre.

Le groupe I du GIEC vient de rendre son cinquième rapport : sa mission porte sur l’évaluation des aspects scientifiques du système climatique et de l’évolution du climat. Ce rapport1 confirme l’observation d’un réchauffement climatique : « chacune des trois dernières décennies a été successivement plus chaude à la surface de la Terre que toutes les décennies précédentes depuis 1850 » (page 2-38). Il constate l’augmentation de la concentration en gaz à effet de serre : « en 2011, les concentrations atmosphériques du dioxyde de carbone sont supérieures de 40% à celles d’avant 1750, celles d’oxyde nitreux de 20% et celles de méthane de 150% » (page 2-13). Il met en évidence le rôle des activités humaines : « les principaux contributeurs de l’augmentation de la concentration en CO2 sont l’utilisation de combustibles fossiles et les changements d’utilisation des sols » (page 2-10), « il est extrêmement probable [une probabilité de 95% à 100%] que les activités humaines sont responsables de plus de la moitié de l’augmentation observée de la température moyenne à la surface du globe entre 1951 et 2010 » (page TS-25).

Ce constat peut être contesté sur le terrain de la science, mais il représente l’état de la connaissance telle que la communauté internationale d’experts du climat l’exprime.

Quelques scientifiques contestent tout ou partie de ces conclusions. C’est leur droit : la science n’est pas dogmatique. Ces confrontations se mènent et doivent continuer à se mener au sein des institutions scientifiques selon les canons de la méthode scientifique.

Le Groupe II du GIEC s’occupe lui des questions concernant « la vulnérabilité des systèmes socioéconomiques et naturels aux changements climatiques, les conséquences négatives et positives de ces changements et les possibilités de s’y adapter ». Il devrait faire connaître la mise à jour de ses conclusions au printemps 2014.

Quelles décisions ?

En ce qui concerne la décision politique, c’est bien sur cet état provisoire de la connaissance qu’il faut s’appuyer. Quelle autre expertise aurait plus de valeur ? Celles d’experts indépendants, autoproclamés ? Lesquels ? Des scientifiques à titre personnel ? Ajoutons qu’aucune académie nationale des sciences, aucune société savante en climatologie scientifique ne conteste les conclusions des rapports du groupe I du GIEC.

Mais le nœud de la controverse se situe là : ce qu’il convient de faire ne peut être déterminé par l’état de la connaissance. Ainsi, par exemple, ceux qui affirment la nécessité d’en finir avec le progrès ou l’urgence d’adopter une économie de la décroissance, et qui prétendent que leurs choix ne sont que la simple traduction politique de l’expertise scientifique, commettent une imposture. La connaissance climatologique ne dicte pas une économie de la décroissance (ou de la croissance), n’implique pas ipso facto du nucléaire (ou l’absence de nucléaire), des éoliennes (ou pas d’éolienne), etc. Décider comment et dans quelles proportions il faut combiner la lutte contre les émissions de CO2 aux moyens de s’adapter aux évolutions climatiques, ou bien juger préférable d’attendre avant de choisir, relève d’une décision éminemment politique, éclairée par l’état des connaissances, mais sans en découler automatiquement, car la science ne dicte rien.

Le GIEC, un mélange des genres

De ce point de vue, le GIEC présente un mélange des genres qui ne peut que nuire à son crédit. En mélangeant au sein de la même institution des comités chargés de dire l’état de la connaissance sur le climat (Groupe I par exemple) et un groupe (Groupe III) qui « évalue les solutions envisageables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ou atténuer de toute autre manière les changements climatiques », il apparaît comme étant porteur à la fois du diagnostic scientifique et des solutions à mettre en œuvre. Comme le rappelle à juste titre le climatologue et expert du GIEC Hervé le Treut2  : « Je crois que face à ce problème il est très important que la communauté scientifique joue son rôle de référent et de référence. Elle est en devoir de dire les choses, d’alerter, mais certainement pas de préconiser des décisions. Cela relève de débats démocratiques, et je pense qu’il faut faire attention à maintenir une séparation entre le diagnostic et la prise de décision citoyenne, militante ou politique, qui doit prendre en compte d’autres facteurs. ». Le fait que le GIEC ait en 2007 accepté un « prix Nobel de la paix » aux côtés d’un homme politique auteur d’un film caricatural et unilatéralement catastrophiste à propos du changement climatique n’a fait qu’illustrer la confusion propre à l’institution.

Les controverses sanitaires et environnementales

La comparaison avec d’autres controverses très médiatisées est instructive à plus d’un titre.

Dans le cas des OGM, une structure d’expertise hybride a été mise en place en France, à l’image des différents Groupes du GIEC. Ainsi, le HCB (Haut Comité aux Biotechnologies) abrite, au côté d’un « Comité scientifique », un « Comité économique, éthique et social » (CEES) comprenant des militants associatifs et des représentants de syndicats et d’organisations professionnelles. Le résultat en est une paralysie totale de l’expertise, favorisant une déresponsabilisation des pouvoirs publics. Ces derniers ont ainsi pu faire porter au HCB des décisions de moratoire qui n’ont aucune base scientifique, ignorant l’avis même des scientifiques noyés dans cette institution hybride3.

La tendance semble également se dessiner à l’ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, où l’on peut voir siéger au sein du conseil d’administration des représentants ès-qualités de diverses associations telles que France Nature Environnement, Robin des Toits.

Pour en revenir au GIEC, combien de fois a-t-on lu ou entendu des propos justifiant tel ou tel positionnement politique, tel ou tel choix économique ou telle ou telle vision de la société, au nom des « conclusions du GIEC » ? Ceci contribue à la « crise de confiance » qui se développe autour de l’institution. Comme le note le climatologue, Hervé Le Treut4 : « les constats du GIEC sont utiles à la prise de décisions politiques mais ne sont pas des prescriptions politiques, même si cela arrange quelques-uns d’entretenir la confusion. Au moment de Copenhague, la limite a d’ailleurs été franchie plusieurs fois… »

Il faut évidemment être cohérent dans la manière daborder les choses et ne pas changer de démarche en fonction du sujet. Si lon choisit de fonder les prises de décisions sur l’état de la connaissance scientifique tel qu’établie à un instant donné par la communauté des experts concernés par le sujet, alors il faut s’appuyer sur les conclusions du groupe I du GIEC. Mais il faut aussi, au moment de prendre une décision, constater avec toutes les agences dexpertise scientifique du monde, qu’il n’y a pas de problème sanitaire connu ou suspecté à propos des OGM commercialisés ni à propos des ondes électromagnétiques de la téléphonie mobile.

Il est intéressant de noter que bien souvent, dans le débat politique, certains traitent les « dissidents » dans un domaine de « négationnistes au service dintérêts occultes »… tout en présentant les dissidents des autres domaines comme de courageux « lanceurs d’alertes engagés dans une juste bataille contre dautres intérêts occultes » ! Leur critère est en général idéologique, avec souvent comme point commun une condamnation des actions de l’Homme présentées comme nuisibles car s’opposant à la Nature.

D’une façon générale, cette « confusion des ordres », dans les diverses controverses, trouve régulièrement des partisans au sein des pouvoirs publics, qui préfèrent voir les décisions noyées dans une expertise instrumentalisée, plutôt que d’assurer la plus grande indépendance de l’expertise scientifique, en assumant ensuite la responsabilité des choix politiques proposés à leurs concitoyens.

Quel débat ?


Oui, il est possible de discuter de tout. De la réalité du réchauffement climatique, du caractère déterminant des émissions de CO2, du rôle des activités humaines, du progrès et de la décroissance, du choix du nucléaire, ou des énergies solaires et éoliennes dans le contexte du réchauffement climatique, du rôle que pourrait jouer le gaz de schiste en substitution au charbon, de l’utilisation ou non d’OGM agricoles pour mieux s’adapter aux nouvelles conditions. Il est même souhaitable et nécessaire que ces discussions aient lieu. Mais ne mélangeons ni les lieux, ni les expertises :

- L’état de la connaissance est affaire d’expertise scientifique. C’est une hypocrisie de prétendre que les citoyens pourraient ou devraient y être associés, voire y participer et y contribuer (mais, bien entendu, ils doivent être correctement informés pour pouvoir se forger, s’ils le souhaitent, leur propre avis). Le rôle des pouvoirs publics est de protéger cette expertise des pressions intéressées, et le rôle de l’institution scientifique est de distinguer expertise et débat scientifique à plus long terme, pour permettre à la fois la définition d’un certain consensus au moment où le politique en a besoin et la libre recherche pour repousser les limites de la connaissance.

- L’élaboration et la prise de décisions est affaire de responsabilité politique. La responsabilité des pouvoirs publics est de s’approprier ces questions et d’assumer la part de « choix » dans la prise de décision, sans l’habiller, par le truchement de comités hybrides adossés à l’expertise scientifique, du prestige de la science pour faire endosser à cette dernière un choix qui n’est pas de son ressort.

1 Rapport d’évaluation du GIEC. http://www.ipcc.ch/report/ar5/wg1/#…
Catégorie:  Changement climatique
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Bistrot du coin 2014/1

Pour discuter de tout et de rien.

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Politiques du climat

Pour discuter de nos vaillants efforts afin de décarboner l’économie.

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Les anticyclowns

Billet d'Antonio San (22/02/2014) (posté par Bob)

Un article de Météo Consult paru dans la rubrique Figaro Nautisme expliquait :

« L’anticyclone des Açores remonte timidement sur l’Europe. Il est actuellement positionné sur l’Espagne et profite donc au sud de la France. Mais ce dimanche, une extension de cet anticyclone devrait recouvrir l’ensemble de la France pour une journée de beau temps quasiment généralisé. “Seule la région du Nord-Pas de Calais, la Lorraine, l’Alsace et surtout la Champagne-Ardenne, conserveront un temps gris et des températures de saison”, précise Pierre Huat, prévisionniste pour Météo Consult. Pour le reste de la France, le soleil sera au beau fixe avec des températures particulièrement douces: autour de vingt degrés dans le sud-ouest et une quinzaine en région parisienne. “Ce n’est pas l’anticyclone qui gagne en puissance, précise Pierre Huat. Mais les dépressions qui marquent une pause entre celle qui s’échappera vers l’est samedi et la suivante attendue lundi. Cet hiver, les dépressions venues de l’Atlantique sont trop puissantes et l’anticyclone remonte donc uniquement s’il a de la place. Il se rétractera rapidement avec l’arrivée de la dépression suivante.” La semaine prochaine sera toutefois douce car nous resterons dans un flux de sud-ouest. “Mais le ciel redeviendra gris et éclipsera donc cette impression de beau temps.”

Pauvre Anticyclone des Açores ! Timide, qui se rétracte au vu d’une dépression tel un escargot dans sa coquille… On s’attendrait à ce qu’il rougisse de honte tant Pierre Huat le prévisionniste empathique de Météo Consult nous le décrit vulnérable. Stop !

Leroux appelait cela de « l’animisme météorologique » et fustigeait ces croyances qui n’ont rien à voir avec la science. Ce billet va le démontrer à l’aide de 7 images satellite globale prises du 17 au 22 février 2014 (source : Deutscher Wetterdiesnt).

Les images 1 à 3 montrent un AMP d’origine islandaise de 1025hPa (1, en jaune) à trajectoire méridienne envahissant le domaine des Açores et s’agglutinant à la suite de l’AMP 0 (en violet) qui se déplace jusque vers les Caraïbes (HP tropicales). Un second AMP d’origine groenlandaise (2, en rouge) pointe sur l’image 3 et s’amplifie jusqu'à 1035 hPa sur l’image 4, écrasant et déplaçant les restes de l’AMP 1 sur l’Europe occidentale. Déjà se profile un autre AMP groenlandais (3, en vert) pour le moment à 1030hPa mais qui monte en puissance, alimenté par des HP à 1040hPa sur le grand Nord Canadien et dont la face avant sera la « dépression suivante » invoquée par Pierre Huat (images 5 à 7).

On le voit clairement, l’anticyclone des Açores n’existe pas. C’est une construction statistique qu’invalide l’analyse synoptique. Les hautes pressions ne remontent en aucun cas ni ne se rétractent sous l’effet du passage d’une dépression. Huat commet donc un contresens synoptique puisque les hautes pressions viennent du Groenland en ce cas doublé d’un contresens physique, puisque les dépressions en basses pressions ne poussent  pas l’air froid et dense!

On peut s’interroger sur la validité des schémas d’instabilité baroclines enseignés au LMD montrant des fronts froids d’environ 6 km d’épaisseur ce que les mesures et le satellite infirment, prouvant au contraire que les AMPs font entre 1,5 et 2 km d’épaisseur.
On peut aussi s’interroger sur ces études ronflantes se fondant sur les indices d’oscillations, entre l’Anticyclone des Açores et LA Dépression Islandaise, qui prétendent faire émerger les mécanismes physiques des variations naturelles du climat à partir d’entités qui n’existent même pas à l’échelle synoptique !

Enfin, et ceci à l’intention de ce cher Edouard Bard, Professeur au Collège de France, Académicien et toutim, grand défenseur du Front Polaire dans les emails de Climategate :
cette série d’images démontre la continuité de circulation en basse couche entre les émissions de masses d’air froid polaire (AMP), leur passage aux latitudes moyennes et leur entrée dans la circulation tropicale.

Que dans le pays de Marcel Leroux, les institutions et leurs représentants continuent à enseigner et à défendre des concepts aussi éculés que le Front Polaire, est simplement inacceptable et anti-scientifique.

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On pourra bien sûr se rapporter à ce lien vers le papier de Leroux 1993
http://ddata.over-blog.com/xxx…..e-1993.pdf

En particulier, je recommande le lien suivant établi par Hacène
Arezki qui rassemble de nombreuses références de publications par
Marcel Leroux :

http://www.hacene-arezki.com/p…..87450.html
On y explique exactement les contours d’un AMP à l’aide de schémas et d’images satellites.

Catégorie:  Changement climatique
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Les incertitudes intrinsèques du changement climatique

Garth Paltridge


Pratiquement tous les scientifiques qui sont directement impliqués dans les prédictions climatiques sont conscients des énormes incertitudes qui pèsent sur leurs travaux. Comment se fait-il alors qu'ils puissent jurer, la main sur le cœur, que les émissions humaines de dioxyde de carbone détruisent la planète ?
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L'Organisation Météorologique Mondiale des Nations Unies a mis en place les premiers jalons pour l'établissement du Programme Mondial sur le Climat au début des années 1970. Entre autres activités, elle a tenu une conférence à Stockholm pour définir les principaux problèmes scientifiques qu'il faudrait résoudre avant que des prévisions climatiques fiables deviennent possibles. La conférence en a défini un grand nombre mais elle ne s'est focalisée que sur seulement deux d'entre eux.

Le premier concernait notre incapacité à simuler les caractéristiques de la couverture nuageuse et son extension dans l'atmosphère. Les nuages sont importants parce qu'ils déterminent l'équilibre entre le réchauffement dû au soleil et le refroidissement par émission d'infra rouges de la planète et, de ce fait, ils constituent un élément qui contrôle la température de la Terre. Le second concernait notre incapacité à prévoir le comportement des océans. Les océans sont importants parce qu'ils constituent un des principaux réservoirs de chaleur du système climatique. Ils présentent des fluctuations internes, plus ou moins au hasard, sur toutes sortes d'échelles de temps qui vont de quelques années jusqu'à des siècles. Ces fluctuations induisent des variations des températures de la surface des océans qui, à leur tour, affectent la totalité du climat de la Terre.

La situation n'a pas beaucoup évolué depuis les dernières décennies. Beaucoup des problèmes rencontrés dans la simulation du comportement des nuages et des océans sont encore bien présents (à côté d'autres problèmes de moindre importance) et pour des raisons qui n'ont pas changé. Peut-être le plus important est que les modèles du climat doivent effectuer leurs calculs en chaque point d'une grille imaginaire étalée autour de la planète toute entière, à différentes altitudes dans l'atmosphère et à des profondeurs variables dans les océans. Les calculs sont effectués pour des pas d'une heure et c'est de cette manière que les modèles progressent vers un futur hypothétique. Des difficultés surviennent parce que des contraintes pratiques liées à la taille des calculateurs font que la distance horizontale entre chaque point des grilles est aussi grande qu'un degré ou deux de longitude et latitude, ce qui représente une distance de plusieurs dizaines de kilomètres.

Ces distances sont beaucoup plus grandes que la taille d'un amas nuageux typique. Il en résulte que la simulation des nuages exige une bonne dose de suppositions quant à ce que pourrait être une moyenne convenable de ce qui se passe entre les points de la grille du modèle. Même si les observations expérimentales suggèrent que les modèles obtiennent des moyennes grossièrement satisfaisantes pour des prédictions à court terme, il n'y a aucune garantie que les prédictions seront correctes pour des conditions atmosphériques qui régneront dans un futur éloigné de plusieurs décennies. Parmi d'autres problèmes, les petites erreurs dans la modélisation numérique des processus complexes ont la désagréable habitude de s'accumuler à mesure que le temps passe.

Toujours au sujet de cette affaire de points de la grille, les fluctuations océaniques et les turbulences plus petites que la distance entre les points de la grille d'un modèle sont invisibles pour ce modèle. Ceci ne constituerait pas un problème sauf que les tourbillons dans les fluides turbulents peuvent devenir de plus en plus grands. Un petit tourbillon apparu au hasard dans un océan réel peut grossir et apparaître sorti de nulle part du moins pour ce qui concerne le modèle prévisionnel et il peut mettre le bazar dans la prévision à partir de là et pour le futur.

Tout ce qui précède se trouve en arrière-plan d'un des plus grands mystères de la question du changement climatique. En pratique tous les scientifiques directement concernés par les prédictions climatiques sont au courant des énormes problèmes et des incertitudes qui sont encore inhérentes aux résultats de leurs travaux. Alors comment se fait-il que ceux d'entre eux qui ont été impliqués dans le dernier rapport du GIEC puissent jurer, la main sur le coeur, en nous certifiant qu'il y a une probabilité de 95% que les émissions humaines de dioxyde de carbone ont provoqué l'essentiel du réchauffement climatique qui s'est produit durant les dernières décennies ? .

Gardez à l'esprit que la représentation des nuages dans les modèles climatiques (et celle de la vapeur d'eau qui est intimement impliquée dans la formation des nuages) est de nature à amplifier le réchauffement prévu pour une augmentation de la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone -et ceci en moyenne pour la plupart des modèles - d'un facteur d'environ trois En d'autres termes, les deux tiers de la prévision de la hausse de la température, provient de ces caractéristiques des modèles. En dépit de ce que les modèles nous disent - et peut-être parce que ce sont les modèles qui nous le disent - aucun scientifique proche de ces questions qui aurait toute sa raison et s'il était interrogé à ce sujet, ne vous dirait qu'il est sûr à 95% que les nuages amplifient plutôt que réduisent le réchauffement climatique dû à l'augmentation du dioxyde de carbone. S'il n'est pas certain que les nuages amplifient le réchauffement climatique, il ne peut pas être sûr que la plus grande partie du réchauffement climatique résulte de l'augmentation du dioxyde de carbone.

Gardez aussi à l'esprit qu'aucun scientifique proche de ces questions qui aurait toute sa raison et s'il était interrogé spécifiquement sur ce sujet, ne vous dirait qu'il y a seulement une très petite possibilité (c'est-à-dire plus petite que 5%) que le comportement interne de océans pourrait être une cause majeure du réchauffement de la dernière moitié du siècle passé. Il serait particulièrement attentif à ne pas faire une telle déclaration maintenant alors qu'il n'y a pas eu de réchauffement significatif depuis les quinze dernières années environ. Dans la course folle à la recherche de ce qui pourrait expliquer la pause et pour trouver les raisons des échecs évidents des modèles incapables de la simuler, nous avons soudainement entendu dire que, peut-être, la chaleur du réchauffement climatique se serait "cachée" dans les profondeurs des océans. En d'autres termes, on nous explique qu'une quelconque fluctuation interne des océans pourrait avoir limité la tendance à la hausse de la température du globe.

De fait, il est plus qu'un peu étrange que nous n'entendions pas dire, venant du GIEC (ou, en tout cas, pas à voix haute) qu'une quelconque fluctuation naturelle interne du système a pu aussi provoquer la plus grande partie de la hausse précédente.

Au vu de tout ceci, nous devons, au moins, considérer a possibilité que l'establishment scientifique qui se trouve derrière la question du réchauffement climatique, a été attiré dans un piège qui consiste à surévaluer grandement le problème du climat - ou, ce qui est essentiellement la même chose, à sous-estimer sérieusement les incertitudes inhérentes au problème climatique - dans son effort pour promouvoir la cause. Il s'agit d'un piège particulièrement pernicieux dans le contexte de la science parce qu'il risque de détruire, peut-être pour les siècles à venir, la réputation exceptionnelle et chèrement conquise, de l'honnêteté qui est à la base du respect de la société vis-à-vis de l'œuvre scientifique. Jouer avec le capital réputation pour des objectifs politiques à court terme n'est pas la manière la plus intelligente de traiter ces affaires.

Le piège a été tendu vers la fin des années 1970 ou aux alentours de l'époque où le mouvement environnemental a commencé à réaliser que la prise en compte du réchauffement climatique cadrerait avec un grand nombre de ses objectifs sociétaux. C'est exactement à cette époque qu'il fut considéré comme une évidence, dans les corridors du pouvoir, que les scientifiques financés par le gouvernement (c'est-à-dire, la plupart des scientifiques) devraient se procurer une fraction importante de leur financement et de leurs salaires à partir de sources externes - dans tous les cas, externes à leur organisme de tutelle.

Du fait qu'ils ne sont pas naturellement liés à une industrie privée spécifique, les scientifiques qui travaillent dans les laboratoires de recherche environnementale ont été forcés de rechercher des fonds dans d'autres départements gouvernementaux. En retour, ceci les a contraints à accepter les exigences du militantisme et de la manipulation de l'opinion publique. Pour ce type d'activité, une association qui se tient à distance respectable du mouvement environnemental constituerait un mariage paradisiaque. Entre autres avantages, il fournirait un moyen pour que les scientifiques puissent être suffisamment distanciés de la responsabilité découlant de n'importe quelle exagération, présentée au public, au sujet de la signification de leur problématique de leur recherche.

Le piège a été partiellement tendu pour la recherche climatique lorsqu'un certain nombre de scientifiques de la discipline ont commencé à se délecter du travail de militant. Leur satisfaction découlait d'un accroissement considérable de leur financement ainsi que de l'opportunité de recruter. Cette augmentation ne concernait pas vraiment l'aspect de la science dure mais plutôt l'émergence d'institutions périphériques et d'organisations engagées, du moins en partie, dans la promotion du message de la catastrophe climatique. C'est alors qu'a émergé un nouveau et lucratif mode de vie de la recherche duquel a découlé la possibilité de donner son avis à tous les types et tous les niveaux du gouvernement, à dispenser sur les ondes des affirmations non contestables au public et à une justification immédiate pour assister des conférences internationales - ces dernières dans un certain luxe comparativement aux standards habituels des scientifiques. Cela avec une périodicité jamais vue jusque là.

Quelque part au cours du processus, on en arriva à faire croire à beaucoup dans le public et, de fait, à de nombreux scientifiques eux-mêmes que les climatologues étaient l'équivalent de chevaliers montés sur des étalons blancs qui menaient une grande bataille contre les forces du mal - c'est-à-dire le mal sous la forme de "Big Oil" et de ses ressources financières supposées illimitées. Le fantasme était plus qu'un peu séduisant.

Le piège fut définitivement armé quand beaucoup des principales académies des sciences de la planète (telles que la Royal Society au Royaume Uni, l'Académie des sciences des USA, l'Académie des sciences australienne) se convainquirent de produire des rapports qui venaient étayer les conclusions du GIEC. Ces rapports furent proclamés comme des analyses nationales supposées indépendantes du GIEC et les unes des autres alors que, par nécessité, elles étaient compilées avec l'aide et, dans certains cas, suivant les injonctions de nombreux scientifiques impliqués dans les machinations internationales du GIEC. Et de fait, les académies qui sont les plus prestigieuses des institutions de la science, ont formellement hissé leurs drapeaux sur le mât du politiquement correct.

Depuis cette époque, jusqu'il y a trois ou quatre ans, il ne restait aucune possibilité acceptable, offerte à la communauté scientifique, d'évoquer le spectre de sérieuses incertitudes quant aux prédictions du désastre climatique. Il devient impossible d'utiliser le mouvement environnemental comme bouc émissaire s'il advenait que la menace du réchauffement climatique n'avait aucune substance véritable. Il est désormais impossible d'échapper à sa responsabilité première s'il arrive, à la fin, que prendre des mesures au prétexte de la réduction du réchauffement climatique s'avère être l'erreur scientifique la plus coûteuse jamais infligée à l'humanité. Le détournement de la richesse mondiale au nom du changement climatique est de l'ordre d'un milliard de dollar par jour. Et, pour le futur, on peut reprendre une citation du sénateur US Everett Dirksen : "Un milliard par-ci, un milliard par-là, et bien vite on commence à parler de vrai argent.".

Au même moment, l'homme de la rue, fort de son bon sens et qui, dès à présent, peut sentir à des lieues à la ronde, l'odeur des exagérations d'une campagne environnementaliste, commence à subodorer que c'est la politique, et non la science, qui pilote cette affaire.

Les scientifiques - enfin, disons, la plupart des scientifiques - peuvent être un peu naïfs mais ils ne sont en général ni méchants, ni idiots, ni facilement subornés aussi bien par l'argent que par le politiquement correct. Alors, quelles que soient les satisfactions que l'on peut éprouver en soutenant la version officielle de la connaissance et quelles que soient les contraintes exercées par le pouvoir scientifique en place, il est quand même surprenant que le récent rapport du GIEC ait pu être publié sans pratiquement aucun murmure de mécontentement de la part des étages inférieurs de l'establishment scientifique. Qu'est-il advenu du scepticisme qui, dit-on, est le sang nourricier de la recherche scientifique ?

La réponse se trouve probablement dans le fait que tout cela est incertain. La probabilité que l'on prouve que le changement climatique durant le siècle prochain sera suffisamment important pour conduire au désastre est virtuellement nulle. Pour la même raison, la probabilité qu'un climato-sceptique ou qui que ce soit d'autre pour cette affaire, prouve que la théorie du désastre est totalement exagérée est aussi virtuellement nulle. De ce fait, le terrain d'affrontement pour les deux partenaires du débat est sur un plan d'égalité. Le problème est que la recherche climatique exige d'énormes ressources et qu'il s'agit d'un jeu entre les institutions et les organisations. Le scepticisme est une affaire d'individus. Les choses étant ce qu'elles sont dans le domaine du changement climatique, le scepticisme exercé par un individu peut s'avérer être un facteur sévèrement limitant pour la poursuite d'une carrière. Quoi qu'il en soit, la plupart des scientifiques, pris individuellement, ont une conscience et ils sont réticents à dresser leur tête au-dessus du parapet pour promouvoir un point de vue sur des choses qu'il est intrinsèquement impossible de prouver.

En bref, il y a plus d'incertitudes qu'il n'en faut pour permettre aux êtres humains d'être, au moins, raisonnablement optimistes sur le fait que le réchauffement climatique ne sera pas, et de loin, aussi mauvais qu'on le proclame. Les climatologues et, en fait, tous les scientifiques ne sont pas aussi chanceux. Ils ont beaucoup à perdre si l'avenir prouve qu'ils se sont trompés.

Garth Paltridge est actuellement professeur émérite de l'Université de Tasmanie et membre de l'Académie des Sciences australienne.
Il a été Directeur de Recherche au sein de la Division de la Recherche sur l'Atmosphère du CSIRO.
(NdT : Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization qui est, à peu près, l'équivalent du CNRS français).

Source - Traduction PU avec son accord.
posté par Bob.

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Fil info de sceptiques 2014/1

Suite du Fil info de sceptiques 2013/3.

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La fin programmée du Glacier du Pin en Antarctique

Par The Fritz

Vous avez sans doute remarqué dans la presse une nouvelle annonce catastrophique : celle-ci fait suite à la parution le 12 janvier 2014 sur le site de la revue Nature Climate Change d’un article rédigé principalement par une équipe du Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement (LGGE) de l’Université Joseph Fourier de Grenoble (voir le lien à la fin du texte). Alors tenons-nous pour l’instant tout simplement au titre du communiqué de presse de cet établissement, communiqué paru illico le lendemain 13 janvier : « Antarctique : un glacier côtier engagé dans un recul irréversible ».  Irréversible, le mot est lâché et tous les médias se précipitent dessus ; belle orchestration, pour exemple :

Le Point : En Antarctique, le glacier de l'île du Pin transpire de plus en plus

Le Monde : En Antarctique, le glacier du Pin recule inexorablement

France Info : Fonte accélérée d'un glacier de l'Antarctique

Curieusement le blog de Libération, Sciences au carré de Sylvestre Huet, ne titre que : « Banquises : Arctique et Antarctique s'opposent » et il faut aller au cœur de l’article pour lire que le glacier de l’île du Pin, devenu instable, va poursuivre son retrait sur au moins une quarantaine de kilomètres au cours des cinquante prochaines années.

En général, quand je vois passer des informations aussi tonitruantes, je contacte l’auteur et demande un pdf de l’article, d’une part pour approfondir la lecture et ensuite, éventuellement, poursuivre les discussions par mail ; malheureusement j’ai posé quelques questions dans ma demande qui devaient froisser l’auteur, entre autres s’il connaissait l’étymologie du nom de ce glacier appelé Glacier de l’île du Pin ; il me répondit sèchement qu’il n’était pas géographe et que le nom de ce glacier ne l’intéressait pas. Bizarre comme comportement pour un chercheur ! Moi cela m’intéressait et j’ai eu plus de succès en postant ma question sur un blog outre-atlantique bien achalandé ; ce glacier a reçu le nom d’un navire de l’US Navy appelé Pine Island qui a fait une mission en Antarctique dans le Nord de la Mer d’Amundsen après avoir récupéré les membres survivants d’un crash d’avion quelque part sur la calotte survenu le 30 décembre 1947 ; les lecteurs intéressés peuvent voir le détail de la mission sur le site South-Pole.com, dédié aux explorateurs de l'Antarctique.

Pas d’île donc près du glacier, pas de plage bordée de pins, seraient-ils fossiles, voire flottés ; c’est pour cette raison que je vais garder le nom de Pine Island Glacier (PIG) dans la suite du texte et ne pas utiliser la traduction en français qui peut prêter à confusion.

Bien, le but de mon article n’est pas de faire une synthèse exhaustive de la bibliographie monstrueuse qui existe sur ce glacier, mais de montrer que ce qui en transpire dans les journaux télévisés ou papiers, et sur les sites internet est une version nettement moins édulcorée de ces publications scientifiques, ne retenant en général que les hypothèses anxiogènes et catastrophistes de ces publications. Sans rentrer dans le détail, il faut quand même donner quelques caractéristiques géographiques et géologiques locales : Le PIG est situé dans le prolongement de la Péninsule Antarctique qui est en fait une structure andine ; le glacier lui-même se situe dans une paléo-vallée, empruntant sans doute un ancien rift contemporain de la formation des chaînes de montagnes avoisinantes ; l’étroitesse de cet exutoire pour ce réceptacle glaciaire est, sans doute, une des raisons principales expliquant que le PIG est le glacier le plus rapide et le contributeur numéro un de l’Antarctique à la remontée du niveau de la mer.
Une autre caractéristique de cet exutoire est qu’il est barré par un verrou situé sous le niveau de la mer, comme d’ailleurs toute l’embouchure située en amont ou en aval de ce verrou ; un profil bathymétrique du fond marin est rapporté sur le site de RealClimate. Une caractéristique essentielle de ce glacier est que l'on supposait que sa ligne d’échouement (la ligne où le glacier vient en contact avec le sol, ici le fond marin) se situait au niveau de ce verrou et que avec les instruments actuels on subodore que cette ligne a subi un recul notoire de près de 40 km (1). La conséquence est que l’eau de mer peut aisément pénétrer dans l’espace sous glaciaire derrière le verrou et grandement contribuer à sa fusion, l’augmentation de son débit et son retrait.

Mais la mer n’est peut-être pas la seule responsable de cette accélération du débit du glacier ; F. O. Nitsche et al. (2) insistent beaucoup sur l’origine des fluides et des sédiments sous-glaciaires ; ils rappellent que la région du PIG est grandement volcanique, qu’une éruption importante d’un volcan dans les Hudson Mountains situées à une vingtaine de km a eu lieu il y 2200 ans laissant un niveau réflecteur vers la base du glacier ; cendres, gradient géothermique anormal et eaux de dissolution peuvent ainsi jouer le rôle de lubrifiants. Cette hypothèse est également soutenue par Hugh F. J. Corr & David G. Vaughan dans leur publication intitulée « Une éruption récente sous la calote de l'Antarctique de l'ouest » (3).

Pour en revenir au papier de l’équipe du LGGE, il faut quand même préciser que c’est uniquement un travail de modélisation comme le confirme Olivier : « Favier et al. 2014 s'intéressent à la modélisation de l'ensemble du glacier » ; ce qui est quand même incroyable dans leur papier, c’est qu’ils avouent que : « Dans l'ensemble, le comportement à court terme du PIG n'est pas bien compris et les projections pour le futur varient énormément, allant d’un modeste retrait jusqu’à un effondrement quasi complet du tronc principal dans un siècle » (4) ; mais Favier et al., ne sont pas les seuls à mettre plein de fusibles quand ils publient ; ci-dessous un deuxième exemple donné par H. D. Pritchard et al. 2012 où ils écrivent : «  l'étendue et l'ampleur du changement d'épaisseur des ice shelves, les causes sous-jacentes d'un tel changement, et leurs liens avec le débit des glaciers sont si mal compris que leur impact futur sur les calottes glaciaires ne peut pas encore être prédit » (5). Bien, je pense que tout le monde a compris que les modélisations qui servent à prédire les futures remontées catastrophiques du niveau de la mer à cause de ce glacier ne sont pas plus rigoureuses que celles du GIEC en ce qui concerne les prédictions des augmentations de températures depuis une quinzaine d’années .

Il est de plus, difficilement compréhensible qu’avec la bonne tenue de la banquise antarctique et les records de froid (6) enregistrés au centre de la calotte, on puisse interpréter les avatars de ce glacier capricieux autrement qu’étant un phénomène local, ce qui est confirmé par l’étude de P. Kuipers Munneke et al (2012) qui ont fait un bilan global pour l’Antarctique qui est résumé dans leur article intitulé : « Changement insignifiant dans le volume de  fonte de l'Antarctique depuis 1979 » (7). Olivier, toujours le même, m’a fait remarquer que le record de froid enregistré sur un haut plateau du centre de la calotte n’augure en rien de l’évolution des températures sur le reste du continent antarctique et il a parfaitement raison ; les scientifiques ont simplement trouvé l’endroit crucial où planter le thermomètre pour prendre la température du continent alors qu’avant, je suppose, ils lui prenaient la température sous le bras, principalement sous celui qui remonte vers l’Argentine, avec bien sûr tous les aléas et imprécisions que cela entraînaient ; mais faisons leur confiance, leurs modèles d’interpolations, d’extrapolations et de corrections devaient leur permettre de sortir une température moyenne digne de confiance et que personne ne pouvait contester.

Ce que j’aurais bien aimé lire dans cette publication de Favier et al, c’est au moins une première partie avec rien que les faits, entre autre une belle carte à jour montrant les avancées et reculs du front du glacier depuis qu’on dispose de données, superposées à ceux de la ligne d'échouement avec des indications sur la fiabilité de son tracé.

Dans une communication récente de Pierre Dutrieux à l’assemblée générale de l’EGU (European Geosciences Union -Vienne 2013), celui-ci rapporte que l’accélération du PIG fait une pause, que la thermocline au front du glacier s’est abaissée de 200 m ce qui se traduit par un moindre apport d’eaux plus chaudes provenant des profondeurs de l’océan, ce qui pose des points d’interrogation sur son comportement futur et ses conséquences (8).

En ce qui me concerne, je ne peux que féliciter Favier et ses coauteurs pour les précautions et les avertissements concernant les conclusions de leurs modélisations. On ne peut que jeter la pierre aux journalistes et à tous ceux qui font du cherry picking dans un texte lors de la vulgarisation d’articles scientifiques, dans le seul but d’entraîner le lecteur dans leur façon d’aborder le sujet ; il faudrait que tous soient effectivement à l’image de Sylvestre Huet qui affirme : « … Moi je suis un modeste journaliste, je ne participe pas à ce débat, je me contente d'en rendre compte et d'informer sur la production des scientifiques les plus compétents. »

Sylvestre Huet Mardi 14 janvier 2014 à 21 :04 :13

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2014/01/banquises-arctique-et-antarctique-sopposent.html

 

Pour ceux qui veulent se plonger dans
l’article des Grenoblois

http://www.nature.com/nclimate/journal/vaop/ncurrent/full/nclimate2094.html

 

 

Remerciements : je tiens à exprimer mes vifs remerciements à Olivier qui a fourni plusieurs des liens permettant de rédiger cette analyse que je dédie à Gaël Durand, coauteur de l’article, qui m’a suggéré de consolider mes connaissances de base en lisant des traités de glaciologie ; du coup je lui suggère de jeter un œil à la nouvelle version du traité de glaciologie de Brigitte Van Vliet-Lanoë :
CRYOSPHERE : Histoire et environnements de notre ère glaciaire, cours et exercices corrigé

Références bibliographiques:

1 Rapid increase in melt rates of Pine Island Glacier ice shelf during early stages of its retreat De Rydt et al 2013 http://meetingorganizer.copernicus.org/EGU2013/EGU2013-9858.pdf

2 Paleo ice flow
and subglacial meltwater dynamics in Pine Island Bay, West Antarctic
F. O. Nitsche et al.

3 A recent volcanic eruption beneath the West Antarctic ice sheet Hugh F. J. Corr & David G. Vaughan

4  « Overall, the short-term behaviour of PIG is not well understood and projections vary wildly, ranging from modest retreat to almost full collapse of the main trunk within a century » Favier et al.

5  « the extent and magnitude of ice-shelf thickness change, the underlying causes of such change, and its link to glacier flow rate are so poorly understood that its future impact on the ice sheets cannot yet be predicted » H. D. Pritchard et al. 2012, Antarctic ice-sheet loss driven by basal melting of ice shelves, Nature 484

6 -93,2 et -93° C enregistrés respectivement en 2010 et 2013

7  P. Kuipers Munneke et al (2012) Insignificant change in Antarctic snowmelt volume since 1979

8 Dutrieux et al 2013 Trend of melt under Pine Island Glacier ice shelf modulated by high variability in ocean temperature http://adsabs.harvard.edu/abs/2013EGUGA..15.8900D

Catégorie:  Changement climatique
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A propos de la pause actuelle du réchauffement global

Par Syun-Ichi Akasofu,
International Arctic Research Center, University of Alaska Fairbanks, USA
Article original paru dans Climate le 15 avril 2013
Traduit et publié par Scaletrans.

Résumé : La hausse de la température moyenne du globe, durant le siècle dernier, s'est arrêtée aux environs de l'an 2000. Dans cet article, on suggère que cette interruption résulterait de l'arrêt de l'augmentation quasi-linéaire de température (de +0,5°C par siècle ou de 0,05°C par décennie), durant les deux siècles précédents, due à la sortie du petit âge glaciaire.
La sortie du petit âge glaciaire s'est faite par une superposition d'oscillations multi-décennales d'une amplitude de 0,2°C et d'une période de 50 à à 60 ans qui a atteint un maximum autour de l'an 2000, occasionnant une pause semblable à celles qui se sont produites autour des années 1880 et 1940.
Du fait que l'augmentation quasi-linéaire d'une part et l'oscillation multi-décennale d'autre part, résultent probablement toutes deux de facteurs naturels qui sont, respectivement, la sortie du petit âge glaciaire (PAG) et une oscillation liée à l'oscillation décennale du Pacifique (PDO), il faut prendre la précaution de soustraire ces dernières des données des variations de températures observées avant de chercher à estimer les effets du CO2.

1. Introduction

L’un des procédés standard en climatologie est de construire une analyse spectrale des variations passées de la température globale et d’essayer d’interpréter les changements de composantes. Cette procédure a été largement appliquée aux changements des 400.000 dernières années [1]. Dans cet article, nous suivons cette procédure d’étude des variations de température moyenne globale sur la période 1800-1850 à 2010 pour trouver la tendance générale.
La Figure 1 montre les deux variations de température de 1860 à 2000 [2] et le taux d’augmentation de température estimé pour différents intervalles. La tendance la plus cohérente est une augmentation progressive de la température de 1860 à 2000, matérialisée ici par une ligne droite, avec un taux d’augmentation de 0,045°±0,012°/décennie. En superposition se trouve la variation la plus marquante, un changement d’amplitude oscillatoire d’environ 0,2° sur une période de 50-60 ans.

Figure 1. Variations de la température moyenne globale [2]. Le taux d’augmentation de la température est estimé pour différents intervalles de temps.

2. Analyse spectrale

2.1 La Variation quasi linéaire

Par chance, une excellente analyse spectrale des variations de la température globale de 1850 à 2000 a été construite par Wu et al. [3]. Les résultat indiquent en outre que la variation la plus marquante sur cette période est une variation quasi linéaire caractérisée par un taux d’augmentation d’environ 0.5°C/siècle ou 0.05°C/décennie. Cette tendance quasi linéaire a également été notée par (Bryant, 2001) [4], qui a montré qu’il n’y a que quelques points en dehors des limites de l’intervalle de confiance à 95% de l’approximation linéaire.
En se basant sur diverses données de variations climatiques, comme les cernes d’arbres [5], les retraits glaciaires [6] et la débâcle fluviale [7], Akasofu [8] a montré que le réchauffement global a débuté dès 1800-1850 et non après que le CO2 ait commencé à augmenter très rapidement autour de 1946. De plus, parmi ces facteurs, la montée du niveau marin entre 1850 et 2000 fut également quasi linéaire, quoiqu’avec un rythme de décroissance léger [9].

La Figure 2 montre les variations de température depuis l’an 800 environ jusques 2000, d’après les modifications des cernes des arbres ; elle montre le Petit Âge Glaciaire (LIA) après l’Optimum Médiéval autour de l’an 1000 et la progression quasi linéaire peu après 1800 [5]. La Figure 3 montre des tendances à peu près similaires dans les variations de température relevées par plusieurs chercheurs (comprenant Esper et al. [5]), indiquant une progression quasi linéaire des températures depuis environ 1850 jusques 2000, en complément aux résultats obtenus par le GICC (Figure 1).
Il est alors possible que cette composante linéaire soit due à une sortie progressive du Petit Âge Glaciaire (LIA) de 1800-1850, car le LIA ne s’est pas terminé d’un seul coup. Il est généralement admis que la température durant le LIA était inférieure d’environ 1°C à notre époque (Figures 2 et 3). Donc le taux de progression de la température depuis 1800 serait en gros de 1°C sur deux siècles (= 0.5°C/siècle ou 0.05°C/décennie), similaire au taux de progression quasi linéaire d’environ 0.5°C rencontré au cours du 20e siècle.

Figure 2. Variations de température d’après les cernes des arbres [5].

Figure 3. Variations de température de 900 à 2000, compilées par le National Research Council [10].


L’augmentation de température depuis 1800-1850 étant quasi linéaire, le rythme est quelque peu différent de l’augmentation du CO2, qui a montré une progression quasi quadratique sur la même période – avec une augmentation rapide après 1946 et une augmentation progressive qui a commencé autour de 1900. Il est donc au minimum problématique de considérer cette progression quasi linéaire de la température durant les 19e et 20e siècles comme due principalement au CO2.
On doit noter également que la fonction de modulation solaire est dérivée du C14 et du Be10 [11] ; Muscheler et al. [12] montre une tendance inversement proportionnelle à la tendance de température montrée aux Figures 2 et 3, et on peut supposer que le LIA et sa sortie sont peut-être en relation avec les variations d’activité solaire, même si les variations du Soleil durant un cycle d’activité de 11 ans sont réputées faibles, environ 0.1%. (Ndt TSI, Irradiance Solaire Totale)2.2. L’Oscillation Multi-DécennaleSe superposant à la progression quasi linéaire de la température on trouve diverses variations. La plus marquante est l’oscillation multi-décennale, avec une amplitude d’environ 0.2°C et une période d’environ 50-60 ans; sur la Figure 1 nous pouvons voir trois principales augmentations débutant en 1860, 1910 et 1970. Ces augmentations ont culminé respectivement en 1880, 1940 et 2000. Jevrejeva et al. [9] a montré que le niveau des mers superposait des variations similaires à une augmentation quasi linéaire par ailleurs.
De plus, les progressions de 1860 et 1910 furent suivies chacune d’une décroissance significative. On peut par conséquent s’attendre à un arrêt ou même à une petite diminution de la tendance après 2000, compte tenu de cette analyse spectrale.
Cette variation fluctuante est probablement le résultat d’une oscillation multi-décennale [13, 14]. l’Oscillation Décennale Pacifique (PDO) possède une phase similaire montrée à la Figure 4 [15] ; les premières données remontant à 1900 montrent les mêmes changements de phase, on peut raisonnablement considérer que la variation multi-décennale de la température est en relation étroite avec la PDO, un phénomène naturel. A l’appui de cette prévision, la PDO montre une tendance décroissante claire depuis 2000.

Figure 4. L’Oscillation Décennale du Pacifique (PDO) [15].
http://www.ncdc.noaa.gov/teleconnections/pdo/


3. SynthèseLa Figure 5a montre les conditions ci-dessus en mode graphique et représente une version améliorée de la Figure 9 de Akasofu [8]. Le grand cartouche rectangulaire ombré en jaune montre les variations de température de 1860 à 2010 (données standard, similaires à la Figure 1), avec un trait noir montrant le taux d’augmentation de 0.5°C/siècle et l’oscillation multi-décennale en rouge et bleu, respectivement au-dessus et en dessous du trait. La Figure 5a montre le détail des données du cartouche jaune. La ligne pointillée avant 1860 indique que le trait linéaire peut être extrapolé jusques 1800 environ, en supposant que le LIA a réellement commencé à s’achever vers 1800. La Figure 5b montre les données HADCRUT4 [16], en même temps que leur lissage en cinq points. Il est clair d’après ces données que la tendance au réchauffement connaît une pause et que cela indique même un léger refroidissement après 2000.

Figure 5a. Une interprétation des changements de la température moyenne globale de 1800 à 2012.
La température en ordonnée est pour l’échelle de référence ; voir le texte pour le détail. L’insertion au-dessus du cartouche jaune est une version détaillée des données du cartouche. Les données HadCRUT4 sont examinées par Morice et al. [16].


Dans le cartouche jaune, la variation entre 2000 et juin 2012 est appuyée par le trait bleu épais pour montrer que la tendance à la pause est un effet de l’oscillation multi-décennale. Au-dessus du cartouche jaune est montré le détail de ces données. En s’appuyant sur cette synthèse, on peut supposer que la pause actuelle au réchauffement est due au fait que l’oscillation multi-décennale a pris le pas sur l’augmentation quasi linéaire précédente (sortie du LIA). En réalité, ce type de tendance est similaire à celles qui ont eu lieu après 1880 et 1940, quand la température a décru jusques’en 1910 et 1970 respectivement (particulièrement à la lumière du fait que le CO2 a commencé à augmenter rapidement après 1946). On doit noter cependant que Levitus et al. [17] font état d’une augmentation continue du contenu thermique de l’océan après 2000, bien que le taux de croissance semble diminuer après 2004 ; d’un autre côté, les conclusions de Pielke [18] ne semblent pas montrer cette augmentation après 2000.

Figure 5b. Les données HADCRUT4 telles que montrées dans la figure 5a, avec le lissage en cinq points, mais pour l’intervalle 1980-2012 seulement.


La progression de température de 1975 à 2000, montrée par le trait rouge épais (ligne fondamentalement similaire à la ligne jaune de la Figure 1), est probablement composée à la base de la sortie du LIA, combinée avec la phase positive de l’oscillation multi-décennale [8]. Au contraire, le GICC considère l’élévation de température de 1975 à 2000 comme "très probablement" due à l’augmentation constatée des concentrations de gaz à effet de serre anthropiques [2]Se basant sur cette hypothèse, le GICC prédit une augmentation de température de +2°C à +4°C en 2100 [2], comme illustré à la Figure 5a par l’extension en pointillés de la ligne rouge épaisse, censée plus immédiatement se traduire par une augmentation de +0.2°C ou plus en 2012. Cependant, la pause (ou même la légère décroissance) de la température depuis 2000 indique une situation plus proche de celle qui a régné après 1880 et 1940.Il est donc fort probable que la progression quasi linéaire due à la sortie du LIA ait été temporairement surpassée par l’oscillation multi décennale, qui a atteint un pic positif autour de l’année 2000.En supposant que ces résultats obtenus par analyse statistique se prolongeront tout au long du 21e siècle, nous devons observer la ligne en pointillés de 2012 à 2100 comme l’extrapolation linéaire, en conjonction avec l’oscillation multi-décennale. L’élévation attendue de température due à la sortie du LIA reste de 0,5°C, bien que la contribution de l’oscillation multi-décennale dépende de sa phase (+0.2°C).

4. Conclusion

Il est probable que la progression quasi linéaire et l’oscillation multi-décennale sont toutes les deux des variations essentiellement naturelles. Ainsi, afin d’estimer les effets du CO2 sur les deux derniers siècles, il est important d’isoler ces composantes naturelles des variations climatiques des données réelles de température.

Source.

Remerciements
L’auteur tient à remercier le Dr. Gerhard Kramm pour ses explications, ainsi que pour avoir amélioré la Figure 5a et fourni la Figure 5b.

Références et Notes

1. Burroughs, W.J. Climate Change; Cambridge University Press: Cambridge, UK, 2001, pp.298.
2. IPCC Climate Change 2007: The physical science basis. Contribution of Working Group I to the
Fourth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [Solomon, S.,
Qin, D., Manning, M., Chen, Z., Marquis, M., Averyt, K. B., Tignor, M., Miller, H.L. (eds.)].
Cambridge University Press, New York, USA, 2007.
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Catégorie:  Changement climatique
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