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2009, 2010 et 2011

par Benoît Rittaud.

Dans mon article de samedi, j’ai traité des différences entre les anomalies de température déduites du diagramme de Météo France et celles du fichier donné sur le site de l’IPSL (ce dernier se référant explicitement à Météo France). Je m’étais arrêté en 2008 parce que, selon Météo France, avant cette date il y a « cohérence » entre les deux sources. Une divergence dans au moins 25% des données étant, à ce qu’il faut croire, considérée comme acceptable selon les standards de Météo France, on pouvait s’attendre à des surprises pour les années plus récentes (même si ces dernières sont peu nombreuses, le fichier de l’IPSL s’arrêtant en 2011). (Lire la suite…)

Catégorie:  Changement climatique
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Météo France - IPSL : le jeu des 28 erreurs

par Benoît Rittaud.

L’une des séries de données que j’ai réclamées à Météo France est celle des anomalies annuelles de température en France, qui correspondent à ce graphique.

TemperaturesFrance

Lorsque j’ai découvert, et donc signalé à Météo France, que ces données qu’elle me refusait étaient en réalité en accès libre sur le site de l’IPSL, il m’a été répondu notamment ceci : (Lire la suite…)

Catégorie:  Changement climatique
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Comment s’écrivent les pages « Planète » du « Monde »

par Benoît Rittaud.

Un nouvel « épisode cévénol » — ces pluies brèves et intenses qui s’abattent parfois sur le sud-est de la France — s’est achevé lundi. C’est la quatrième fois qu’un tel événement de ce genre se produit dans la région depuis la fin de l’été. Faut-il blâmer les configurations astrales actuelles, comme le pensent certains ? Que nenni. Consulté sur la question, le professeur Nostradamus (université Paris-XV) nous le confirme : « rien ne permet de dire que l’entrée dans l’Ère du Verseau provoquera nécessairement des pluies abondantes. Ce qui est notable ici, c’est la concomitance des quatre événements. Je dirais qu’on a affaire ici à quelque chose qui ne se produit que tous les vingt ans. » (Lire la suite…)

Catégorie:  Changement climatique
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“Le Monde” s’amuse à l’idée de gazer les climatosceptiques

par Benoît Rittaud.

Les climatosceptiques étant tout à la fois des criminels contre les générations futures, des exterminateurs de planète et des mangeurs d’enfants, le « journal de référence » aurait tort de se priver d’un bon mot sur la meilleure manière de s’en débarrasser. (Lire la suite…)

Catégorie:  Changement climatique
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Une thèse en sciences sociales sur la controverse climatique

par Benoît Rittaud.

C’est un grand plaisir que d’annoncer la soutenance de thèse de mon ami Lionel Scotto d’Apollonia, de l’université Montpellier-3, intitulée Les Controverses climatiques : une analyse socioépistémique, dont le texte est en ligne ici. La soutenance aura lieu à Montpellier le 14 octobre (je serai à Liège… : caramba !). (Lire la suite…)

Catégorie:  Changement climatique
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La question climatique n’est pas une affaire résolue

Traduction Scaletrans.

Nous sommes très loin d’avoir les connaissances nécessaires à une bonne politique du climat écrit l’éminent scientifique Steven E. Koonin.

 

La question scientifique essentielle n’est pas de savoir s’il y a un changement climatique. Ce qui est sûr c’est que le climat a toujours changé et changera toujours. Mitch Dobrowner

L’idée selon laquelle “la science climatique est une affaire résolue” est courante dans les discussions populaires ou politiques actuelles. Malheureusement, cette assertion est trompeuse. Elle a non seulement faussé nos débats publics et politiques sur les problèmes énergétiques, les émissions de gaz à effet de serre et l’environnement, mais elle a aussi inhibé les discussions scientifiques et politiques que nous devons avoir sur notre climat futur.Mon expérience en physique numérique avec une carrière de 40 ans de recherche scientifique, conseil et management en université, gouvernement et secteur privé m’a donné une intime connaissance de la science du climat. Des discussions techniques approfondies durant les dernières années avec d’éminents scientifiques du climat m’ont donné une compréhension encore meilleure de ce que nous savons et ne savons pas à propos du climat. J’en suis venu à comprendre l’intimidant défi de la réponse à donner aux questions des décideurs politiques et du public. (Lire la suite…)

Catégorie:  Changement climatique
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SCOOP : La température annuelle en France était accessible !

par Benoît Rittaud.

Alors que Météo France m’a explicitement refusé la liste des températures en France depuis 1900, se réfugiant à la fois derrière les coûts du rassemblement des données et les impératifs de confidentialité, cette liste est en réalité en accès libre depuis des mois !

Il faut croire que le fichier tout bête des anomalies de températures ayant permis la constitution du graphique de son Bilan climatique 2011 était réservé aux happy fews : vous le trouverez… sur le site de l’IPSL, principal laboratoire de recherche carbocentriste français.

Ce fichier permet une seule comparaison avec les (rares) données que Météo France m’a transmises, pour l’année 2011. Et devinez quoi : les chiffres ne correspondent pas. Selon ce que l’IPSL met en ligne (et qui cite explicitement Météo France comme source), la température moyenne de 2011 est de 13,4°C, alors qu’elle est de 13,6°C selon le fichier que Météo France m’avait envoyé. Là, l’erreur d’arrondi va être plus compliquée à défendre…

Il va décidément être difficile de préparer ma réclamation à la CADA, tant il y a de choses à dire sur l’attitude de Météo France. À suivre, donc : m’est avis qu’on n’a pas fini d’en apprendre.

Catégorie:  Changement climatique
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Les petits secrets de Météo France sur les températures

par Benoît Rittaud.

Souvenez-vous, c’était fin 2011. Par l’intermédiaire de son bilan climatique annuel et d’une dépêche AFP (qui servit de matériau de base à divers articles de presse, dont ceux de Libération, du Figaro et du Parisien, entre autres), Météo France faisait savoir que 2011 avait été l’année la plus chaude en France depuis l’existence de relevés météorologiques. Le graphique phare qui accompagnait cette annonce (repris par exemple sur le blog sciences2) était le suivant :
(Lire la suite…)

Catégorie:  Changement climatique
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L’Église durable

Un article de Riccardo Cascioli paru le 25 septembre dernier dans le quotidien catholique italien La Nuova Bussola, traduit en français sur le site benoit-et-moi (rien à voir avec mon propre prénom : il s'agit de celui de l'ancien pape Benoît XVI) qui m'en a aimablement autorisé la republication ici. Quelques réflexions que m'inspirent cet article sont dans les commentaires. Benoît Rittaud.

L'EGLISE DURABLE
www.lanuovabq.it/it/articoli-la-chiesasostenibile
Riccardo Cascioli
Traduction d'Anna.
—–

Il pleut. Un mauvais orage. Riches et nantis, s'il doivent vraiment aller se promener, se munissent de parapluie, d'imperméable, et même de vêtements chauds afin de bien se couvrir. Et si la situation empire ils peuvent bien se réfugier à la maison. Tandis que certains pauvres, habillés déjà n'importe comment, n'ont pas de parapluie, peut-être trouveront-ils un abri temporaire sous un pont mais y seront toujours exposés au froid et à l'humidité et donc aux maladies et au pire par la suite.

Que faire ? Le riche qui voudrait faire quelque chose afin d'aider le pauvre pourrait envisager une solution à coût zéro (partager le parapluie), ou bien une plutôt économique (offrir un parapluie), ou bien d'autres de plus en plus exigeantes (donner un parapluie ou des vêtements adéquats, offrir le refuge d'une habitation, ou même un travail pour sortir la personne de la pauvreté). En tout cas quelque chose qui réduise la pauvreté ou en atténue au moins les conséquences les plus lourdes pour les pauvres. Des solutions à portée de main et de porte-monnaie.

Mais aujourd'hui les gens au pouvoir ont inventé une autre solution: ils laissent les pauvres sous la pluie (trop facile de penser pouvoir tout résoudre avec un parapluie, il faut aller à la racine du problème) et décident qu'il faut arrêter la pluie. En réalité, personne ne sait comment faire et, afin d'étudier le problème, on dépense alors des sommes énormes, on commence par dire que c'est à cause des millions de parapluies achetés par les riches et on court après des solutions qui pourraient être déterminantes (qui le sont en effet, sans aucun doute, il faut bien proposer un objectif concret) qui ont toutefois le défaut d'être très coûteuses.

Mais ça ne fait rien, car au bout du compte, dans 50 ou 100 ans, le problème sera résolu une fois pour toutes. Mais qui paye? Les riches, évidemment, et gare à qui soulève des objections en affirmant que, face à un résultat incertain et que personne n'ira pas vérifier dans 100 ans, il serait mieux d'investir l'argent en aidant les pauvres aujourd'hui de façon concrète, en les mettant en condition de ne pas craindre la pluie. Tu n'es qu'un sale égoïste, un exploiteur, qui ne penses qu'à ton propre intérêt.

Voilà quelle est la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui: le bon sens qui a guidé l'humanité pendant des millénaires et l'a sortie en bonne partie de la misère et de la précarité, a laissé la place à l'irrationalité et à l'idéologie, au point d'organiser des marches mondiales contre les changements climatiques, ce qui serait comme organiser une grève contre la succession des saisons. La reconnaissance de la petitesse de l'homme face à la nature a laissé la place au délire de toute-puissance qui fait croire à l'homme qu'il est capable de contrôler la nature, se substituant à Dieu.

C'est malheureusement ce qui guide la politique internationale des dernières décennies, au point qu'il y a quelques années, il était à la mode parmi les chefs d'état occidentaux d'affirmer que le réchauffement de la planète représentait une menace plus grave que le terrorisme international. En effet, comme on le voit…

Mais aujourd'hui, il y a une nouveauté. L'Eglise, poussée par de forts groupes de pression en son sein, est, elle aussi, en train de céder à cette culture dominante. La preuve en a été donnée par les deux interventions des ces jours-ci du secrétaire d'Etat, le cardinal Pietro Parolin, au sommet des Nations Unies sur le climat, et du cardinal Oscar Andres Maradiaga au sommet des religions sur le climat, toujours à New York. Qu'il y ait un changement d'air au Vatican, même l'hebdomadaire scientifique Science s'en est aperçu, qui dans son éditorial du 19 septembre et prenant exemple d'un important congrès international organisé en mai dernier par l'Académie pontificale des sciences sociales, affirme que l'Eglise a finalement pris le parti du développement durable.

Il faut faire ici une brève mise au point. Depuis des années, des épiscopats entiers (surtout allemand et français) et quelques organisations non-gouvernementales catholiques demandent avec insistance que le "développement durable" soit intégré dans la Doctrine sociale de l'Eglise, une pression à laquelle le Saint Siège et les papes ont jusqu'à présent toujours résisté, et avec raison. Le "développement durable" est en effet un concept relativement nouveau - codifié dans le Rapport de la Commission Brundland, Our Common Future (Notre futur commun, 1987) et qui est le produit d'une idéologie anti-humaine. Présupposé du développement durable est en effet l'idée que le monde est surpeuplé et que, de toute façon, on consomme bien au delà des ressources disponibles dans la nature. D'où la prévision aussi de prochaines catastrophes au cas où l'on ne prendrait pas des mesures immédiates.

Cette racine anti-humaine, qui va bien au delà de la sauvegarde de l'environnement, n'a jamais échappé au sommet de l'Eglise, tout comme l'opposition entre une certaine conception de la nature, et la Création, dans son sens biblique. C'est ainsi qu'en dépit de fortes pressions et de la dure bataille qui en a retardé la publication pendant des mois, le concept de développement durable n'a pas trouvé de place dans l'encyclique sociale de Benoît XVI "Caritas in Veritate": on y trouve en revanche expliqué le concept de "développement humain intégral" qui considère l'homme au centre de la Création sans le réduire à une des variables vivantes de la planète. Le congrès de l'Académie Pontificale des Sciences Sociales évoqué plus haut fait toutefois apparaître Caritas in Veritate comme un vestige du passé et les interventions des cardinaux Parolin et Maradiaga se situent sur la même ligne.

Ce ne sont pas les énonciations de principe au sujet de la valeur de la Création ou la nécessité de sauvegarder toute la Création qui sont en discussion; le discours concernant la responsabilité de l'homme de veiller au monde qui l'entoure non plus.

Le problème surgit lorsqu'on passe à repérer les menaces pour la Création et aux moyens d'y remédier. Et c'est ici, par exemple, que dans les discours de Parolin et Maradiaga il y a totale soumission à la "religion" du réchauffement global anthropogénique (c'est-à-dire provoqué par l'homme). Un schéma dans lequel les pays riches sont accusés d'être la cause d'événements catastrophiques sans précédents dans l'atmosphère, à cause des émissions de gaz carbonique dûes aux combustibles fossiles. Les victimes principales en seraient bien évidemment les pauvres, vulnérables à ces changements climatiques. D'où le tiraillement afin de faire payer aux Pays riches le "remboursement" des dégats qu'ils ont provoqués.

Et voici alors le cardinal Parolin répétant le mantra habituel au sujet du "consensus scientifique" autour du réchauffement "indiscutable qui s'est produit à partir de la deuxième moitié du siècle dernier". Et tout cela serait provoqué "par les émissions de gaz carbonique dûes à l'activité humaine". D'où la contribution que le Saint Siège entend donner "au grand engagement politique et économique auquel la communauté internationale doit faire face". Pratiquement le secrétaire d'Etat affirme que le Saint Siège n'achètera plus des parapluies, comme il l'a toujours fait, mais travaillera bien avec les autres afin que cesse la pluie.

Le problème est que dans les quelques propos cités de Parolin il y a déjà une longue liste d'erreurs. Avant tout, lorsqu'on parle de science et de vérité scientifique, le consensus n'a aucune signification. Avec les lois scientifiques on ne fait pas la majorité comme au Parlement. C'est la correspondance avec la réalité qui décide si une théorie est vraie ou non. Et, de ce point de vue, les thèses successives à propos du réchauffement global on déjà été démenties.

Pour commencer, la période du réchauffement débute à la fin du XIXème siècle, mais ne va pas de façon linéaire et ne coïncide même pas avec les émissions de gaz carbonique. Le boom des émissions dûes aux activités humaines se situe en effet après la deuxième Guerre Mondiale, avec l'explosion des activités industrielles. Eh bien, entre 1945 à 1975 la température globale descend tellement qu'au début des années '70 l'alarme est lancée d'un "refroidissement global". Ensuite la température tend à remonter mais s'arrête en 1998 et depuis il n'y a plus eu d'augmentation, tandis que les émissions de gaz carbonique continuent d'augmenter. En tout cas, il n'y a aucun réchauffement sans précédent dans l'histoire, tout va selon des cycles naturels. Ces simples observations suffiraient à introduire quelques doutes en d'aussi granitiques certitudes. Sans considérer qu'on parle du gaz carbonique comme d'un polluant, alors qu'il est la "brique de la vie", un élément sans lequel la vie sur terre n'existerait pas.

A vrai dire, le plus surprenant a été le cardinal Maradiaga, lequel a affirmé que "les changements climatiques représentent l'obstacle principal à l'éradication de la pauvreté" et a ainsi repéré dans la croissance économique des pays riches la cause de la malnutrition des pays pauvres. Il s'agit là de thèses audacieuses, pour employer un euphémisme, d'autant plus que Maradiaga est originaire de l'Honduras, un pays pauvre, victime traditionnelle d'événements climatiques extrêmes. Le compte des ouragans qui périodiquement détruisent l'Honduras se perd dans les siècles, et on peut bien dire que de ce point de vue là rien n'a changé. Le climat en général - et pas les changements climatiques provoqués par l'homme dans les dernières décennies - est un problème objectif pour ceux qui vivent là-bas, c'est ainsi que seule une politique de développement apte à rendre la population moins vulnérable peut changer le cours de l'histoire. Le fait de croire que la situation des Honduriens puisse au contraire s'améliorer en investissant massivement dans l'industrie américaine et européenne afin de changer leur technologie, et le paiement (comme compensation ) de fortunes aux gouvernements locaux, qui les font souvent "disparaître" à leur propre avantage, est une pure ingénuité (là aussi c'est un euphémisme).

En ce qui concerne la croissance économique de l'Occident comparée au sous-développement d'autres régions, on peut certainement affirmer qu'il s'agit là d'inégalités générées par l'injustice, mais on doit tour d'abord prendre en considération le fait que les facteur principaux du sous-développement sont […] les croyances, la corruption des gouvernants, la stratification sociale (tribus, clans, castes) et ainsi de suite.

Trop facile de s'en prendre aux changements climatiques. En tout cas l'Eglise nous apprenait auparavant qu'en face d'événements atmosphériques extrêmes (sécheresse prolongée, tempêtes et ainsi de suite) il fallait s'adresser à Dieu, Seigneur de la nature : à Jésus, capable de dominer et se faire obéir par les forces de la nature. En somme, on priait, on n'installait pas des panneaux solaires.

Catégorie:  Changement climatique
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Le totem n’est plus qu’un item

Par Benoît Rittaud

 

Le rapport qui vient d’être publié sur le climat de la France au XXIe siècle, et sur lequel je reviendrai dès que possible, se signale d’emblée par un renoncement carbocentriste au moins aussi considérable que celui de l’Organisation météorologique mondiale au sujet du réchauffement global. Ce renoncement se découvre… à la page de couverture du rapport :

 

S’ADAPTER

À travers 84 actions, le plan national d’adaptation au
changement climatique permet à la France d’anticiper les futurs du climat.

 

Il faudra s’y faire : on ne lutte plus contre le climat, on s’y adapte. Je soupçonne que ce glissement a échappé aux auteurs du rapport, à moins que ceux-ci n’en aient pas mesuré toute la portée implicite. Ce n’est pourtant là que le dernier signal après bien d’autres qui vont tous dans le même sens. Par exemple, avez-vous remarqué qu’en France, dès lors qu’il s’agit d’environnement, nous n’avons plus que les mots de « transition énergétique » à la bouche ? Les gaz à effet de serre, eux, ne font désormais recette que de façon sporadique.

Oh, bien sûr, il n’y a pas que l’adaptation. La rhétorique de « lutte contre le dérèglement climatique » a encore quelques beaux jours devant elle. Le climat est bel et bien présent, et à de nombreuses reprises, dans l’exposé des motifs du projet de loi français sur la transition énergétique. Dans celui-ci, il faut en convenir, il s’agit bel et bien de « lutter ». Mais à la lecture de cet exposé il apparaît vite que l’esssentiel est ailleurs, il est que cette lutte contre le réchauffement climatique n’est rien de plus qu’un point parmi d’autres. Désormais contrainte de partager la vedette avec la création d’emplois (verts), l’indépendance vis-à-vis de l’étranger ou encore la limitation des prix pour les consommateurs, elle n’est plus ce point de repère permanent et unique qu’elle était naguère. C’est ainsi que désormais le totem climatique n’est plus rien d’autre qu’un item au sein d’une liste qui s’allonge et dans laquelle chacun peut trouver ce qu’il veut. Pour un climatosceptique, il s’agit là d’une évolution très positive, qui donne un bel exemple de ce que la ministre, Ségolène Royal, a joliment appelé il y a quelque temps la « créativité politique » (c’était sur un autre sujet). Il en faudra, en effet, de la créativité, pour ne pas donner l’impression de renier la question climatique portée comme étendard durant tant d’années.

Dans ma boule de cristal, je lis donc cet avenir possible pour l’item « climat » : en tête de la liste dans un premier temps, il pourrait être relégué progressivement dans son ventre mou avant de disparaître, définitivement noyé au sein d’un autre item aussi vague que général (« lutter contre les dégradations de l’environnement sous toutes leurs formes », par exemple). Peut-être le moyen le plus élégant et le plus indolore de sortir politiquement en douceur de toute cette affaire.

 

Addendum, par Nicias

Conformément aux prévisions de Benoit et a contrario des miennes, le sommet de N-Y s'est achevé sur l'absence d'un accord international quel qu'il soit.

La majeure partie des négociations portaient sur le Fond vert pour le climat, des transferts financiers des pays riches vers les plus pauvres à hauteur de 100 milliards de $ par an d'ici 2020, en négociation depuis 2009 :

Les discussions porteront sur ​​la capitalisation du Fonds vert pour le climat, un mécanisme de transfert d'argent des pays développés aux pays en développement pour les aider à mettre en place des pratiques d'adaptation au changement climatique.

Au bout donc de presque 5 ans de tractations et de crise économique, 6 pays développés ont accepté de payer des indulgences :

Les dirigeants ont exprimé un appui solide pour le Fonds vert pour le climat et beaucoup ont appelé à la capitalisation initiale du Fonds pour un montant d'au moins 10 milliards de dollars. Il y avait un total de 2,3 milliards de dollars en promesses de dons à la capitalisation initiale du Fonds par six pays [versement étalé sur plusieurs années et pas d'engagement pérenne]. Six autres se sont engagés à verser des cotisations pour Novembre 2014 [c-a-d pour le concert de Lima du Never Ending Climate Tour, COP20].

C'est étonnement maigre (environ 0,005% du PIB mondial), mais peut-il en être autrement puisque l'aide au développement a toujours répondu au principe bien compris qu'un pays donne, mais à condition que ce soit ses entreprises qui obtiennent les contrats. C'est le vice qui fait les vertues publiques, et il s'accomode mal dans ce cas d'une gestion rigoureuse des fonds par un organime internationnal impartial.

Aussi la Chine (N°1 du CO2) n'est pas pour autant restée muette :

Le vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli s'est engagé à doubler la contribution de son pays à un fond "Sud-Sud", qui aidera les pays en développement à s'adapter au changement climatique.

Ni les USA (N°2) :

Aujourd'hui, lors du Sommet des Nations Unies sur le climat à New York, le président Obama a annoncé un nouvel ensemble d'outils pour exploiter les capacités scientifiques et technologiques uniques des États-Unis pour aider les populations vulnérables à travers le monde à renforcer leur résilience au changement climatique.

Vous l'aurez compris il n'a pas été beaucoup question d'accord contraignant pour réduire les émissions de CO2. "Ban" peut communiquer sur le fait que "les dirigeants se sont engagés à limiter la hausse de la température mondiale à moins de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux pré-industriels", puis illustrer la chose par des dizaines de beaux discours sans substance des dirigeants présents, le monde semble avoir tourné la page de la mitigation.

Sources pour les déclarations de l'ONU :

http://www.un.org/climatechange/summit/2014/09/120-head-state-to-attend-climate-summit/
http://www.un.org/climatechange/summit/2014/09/2014-climate-change-summary-chairs-summary/

 

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